# VMC sans entrée d’air : quels risques pour l’hygiène et la conformité ?
L’installation d’une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) sans entrée d’air représente une anomalie technique majeure dans le bâtiment. Cette configuration défaillante compromet le fonctionnement global du système de ventilation et expose les occupants à des risques sanitaires significatifs. En France, près de 15% des installations de VMC présentent des défauts d’amenée d’air, selon les études menées par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Cette situation crée un déséquilibre aéraulique profond qui affecte non seulement la qualité de l’air intérieur, mais également la sécurité des occupants. La problématique dépasse la simple non-conformité réglementaire : elle touche directement à la santé respiratoire des habitants et à la pérennité du bâti. Comprendre les mécanismes de dysfonctionnement et les conséquences d’une telle configuration permet d’appréhender l’importance capitale des entrées d’air dans tout système de ventilation mécanique.
VMC simple flux et double flux : exigences réglementaires des entrées d’air selon le DTU 68.3
Le Document Technique Unifié 68.3 établit le cadre normatif précis pour la conception et la mise en œuvre des systèmes de ventilation mécanique. Ce référentiel technique impose des exigences strictes concernant l’amenée d’air neuf, condition sine qua non du bon fonctionnement d’une installation VMC. Pour une VMC simple flux, le principe repose sur une extraction mécanique de l’air vicié couplée à une alimentation naturelle en air neuf via des entrées d’air positionnées dans les pièces principales. Ces dispositifs doivent présenter une section de passage calibrée selon le débit nominal d’extraction prévu pour le logement.
La norme NF DTU 68.3 définit des débits minimaux d’amenée d’air qui varient selon la typologie du logement et le nombre de pièces principales. Pour un T3, vous devez prévoir un débit d’entrée d’air de 45 m³/h minimum, tandis qu’un T5 nécessite au moins 75 m³/h. Ces valeurs correspondent aux débits d’extraction réglementaires fixés par l’arrêté du 24 mars 1982. L’équilibre entre extraction et amenée constitue le fondement même du principe de balayage : l’air neuf pénètre dans les pièces de vie (chambres, séjour), circule sous les portes grâce au détalonnage de 2 cm minimum, puis est extrait dans les pièces de service (cuisine, salle de bain, WC).
Pour les systèmes double flux, la configuration diffère puisque l’amenée d’air est également mécanisée. Toutefois, le DTU 68.3 impose des dispositifs de secours permettant une amenée d’air gravitaire en cas de défaillance du caisson d’insufflation. Cette redondance garantit une sécurité minimale même en situation dégradée. Les grilles d’amenée doivent répondre à des critères acoustiques précis : un affaiblissement acoustique standardisé pondéré Dn,e,w + C d’au moins 30 dB pour les façades exposées à un niveau sonore extérieur supérieur à 68 dB(A). Cette exigence concilie ventilation et protection contre les nuisances sonores extérieures.
La réglementation impose également des critères de positionnement géographique des entrées d’air. Elles doivent être placées à une hauteur minimale de 1,80 m du sol fini pour éviter les courants d’air directs sur les occupants. Le positionnement en partie haute des menuiseries ou
partie basse des coffres de volets roulants ne doit jamais être réalisée sans prise en compte des trajectoires d’air imposées par le DTU. En pratique, supprimer ou obturer ces amenées d’air revient à rendre inopérant le principe même de la ventilation générale et permanente exigée par l’arrêté du 24 mars 1982. C’est précisément ce qui se produit avec une VMC sans entrée d’air : le caisson d’extraction se retrouve à « pomper dans le vide », générant une série de dysfonctionnements aérauliques en chaîne.
Dysfonctionnements aérauliques d’une installation VMC sans amenée d’air neuf
Lorsqu’une VMC simple flux fonctionne sans entrées d’air, l’équilibre entre extraction et amenée est rompu. Le logement est alors placé en dépression excessive, ce qui perturbe l’ensemble des flux d’air prévus lors du dimensionnement initial. Vous pouvez observer des symptômes très concrets : portes qui claquent, sifflements au niveau des joints de fenêtres, odeurs qui se propagent entre les pièces au lieu d’être évacuées. Ces phénomènes ne relèvent pas de simples désagréments, ils révèlent un déséquilibre aéraulique profond susceptible d’affecter la sécurité des occupants et la durabilité du bâti.
Dépression excessive du logement et mise en dépression des conduits de fumée
En l’absence d’amenée d’air neuf, le ventilateur d’extraction crée une forte dépression dans le volume habitable. Le logement se comporte alors comme une « ventouse » qui cherche à compenser ce déficit d’air par tous les interstices disponibles. Dans un bâtiment équipé d’appareils à combustion (chaudière gaz, poêle à bois, insert), cette dépression peut mettre les conduits de fumée eux-mêmes en dépression. Le tirage naturel s’en trouve dégradé, voire inversé, avec un risque de refoulement des gaz de combustion vers les pièces de vie.
Les normes de ventilation rappellent qu’un système d’extraction mécanique ne doit jamais être dimensionné sans tenir compte des besoins d’air comburant des appareils raccordés à un conduit. Une VMC sans entrée d’air vient précisément contrevenir à ce principe élémentaire. À la clé : odeurs de fumée récurrentes, jaunissement des murs à proximité des bouches d’extraction et, dans les cas les plus graves, augmentation du taux de monoxyde de carbone (CO) dans l’air intérieur.
Perturbation des débits d’extraction et inversion des flux dans les bouches
Autre conséquence directe de la VMC sans amenée d’air : les débits d’extraction réels ne correspondent plus aux valeurs théoriques validées au dimensionnement. Le ventilateur ne parvient pas à maintenir les 135 m³/h réglementaires en cuisine ou les 30 m³/h en salle de bains si l’air neuf ne peut pas entrer correctement. Le réseau se met à « aspirer » là où il trouve le moins de pertes de charge, ce qui engendre des flux d’air désordonnés à l’intérieur du logement. Il n’est pas rare d’observer, dans ce contexte, des inversions ponctuelles de flux sur certaines bouches, notamment en toiture-terrasse ou en colonne collective.
Concrètement, vous pouvez ressentir des entrées d’air froid par une bouche censée extraire, ou constater que les odeurs de cuisine remontent vers la salle de bains ou les WC. Ces inversions de flux sont typiques d’un réseau déséquilibré et témoignent d’une non-conformité fonctionnelle de l’installation. Elles traduisent aussi un risque sanitaire accru : l’air vicié n’est plus systématiquement expulsé vers l’extérieur, mais peut se redistribuer à l’intérieur du logement ou vers d’autres logements en VMC collective.
Sollicitation anormale du moteur et surconsommation électrique du caisson VMC
Un ventilateur centrifuge est conçu pour fonctionner dans une plage de pression donnée. Lorsqu’il est confronté à une installation « bouchée » par l’absence d’entrées d’air, la courbe de fonctionnement se déplace et la pression disponible augmente fortement. Le moteur tourne alors dans des conditions défavorables, avec un appel de courant supérieur à la normale et une élévation de température de l’enroulement. À moyen terme, cette sollicitation anormale réduit considérablement la durée de vie du caisson VMC et augmente le risque de panne prématurée.
Sur le plan énergétique, une VMC sans entrée d’air est également une très mauvaise affaire. Pour maintenir un semblant de débit, le moteur consomme davantage d’électricité tout en délivrant moins de renouvellement d’air utile. Vous payez donc plus cher pour une ventilation moins efficace. À l’échelle d’un immeuble équipé en VMC collective, cette surconsommation peut représenter plusieurs centaines de kilowattheures par an, uniquement parce que les entrées d’air ont été supprimées ou obturées dans certains logements.
Infiltrations parasites par les défauts d’étanchéité de l’enveloppe du bâti
Lorsque les grilles réglementaires font défaut, l’air neuf ne disparaît pas pour autant : il trouve d’autres chemins, souvent les pires sur le plan thermique et hygiénique. Joints de menuiseries vieillissants, liaisons plancher-façade, coffres de volets roulants non étanches, passages de câbles ou de canalisations deviennent autant de points d’infiltration parasites. L’air extérieur, plus froid et humide en hiver, pénètre alors de manière incontrôlée dans l’enveloppe du bâtiment, avec un impact direct sur le confort thermique et la facture de chauffage.
On peut comparer cette situation à un bateau percé : si vous bouchez les hublots prévus pour l’aération, l’eau finira d’autant plus par entrer par les fissures de la coque. Dans un logement, ces infiltrations anarchiques créent des zones froides et des parois surcondensées, propices à l’apparition de moisissures. Elles rendent aussi caducs les efforts d’étanchéité à l’air réalisés dans le cadre de la RE2020 : le test de perméabilité final peut être compromis par une VMC sans entrée d’air, alors même que l’isolation a été soignée.
Conséquences sanitaires du déficit de renouvellement d’air intérieur
Au-delà des aspects purement techniques, une VMC sans entrée d’air a un impact direct sur la santé des occupants. Le renouvellement d’air est le seul moyen de diluer les polluants émis en continu à l’intérieur : CO2, composés organiques volatils, particules en suspension, allergènes. Lorsque ce renouvellement est insuffisant, ces polluants s’accumulent jusqu’à atteindre des concentrations préoccupantes. Les symptômes ne sont pas toujours spectaculaires : maux de tête, fatigue, irritations oculaires ou nasales, crises d’asthme plus fréquentes. Pourtant, ils traduisent un air intérieur dégradé, parfois bien plus pollué que l’air extérieur.
Accumulation de CO2 et dépassement du seuil de 1000 ppm dans les pièces de vie
Le dioxyde de carbone (CO2) est un bon indicateur de confinement. Chaque occupant en émet en moyenne 15 à 20 litres par heure au repos. Dans un salon ou une chambre peu ventilés, les mesures montrent fréquemment des concentrations supérieures à 1500 ppm, voire 2000 ppm en fin de nuit, alors que le seuil de confort recommandé par de nombreux organismes (INRS, OMS) se situe autour de 1000 ppm. Au-delà de ce seuil, les effets sur le confort et les performances cognitives sont documentés : baisse de vigilance, difficultés de concentration, sensation de « tête lourde ».
Dans un logement équipé d’une VMC mais sans entrées d’air, la situation est paradoxale : vous pensez être protégé parce qu’un système mécanique fonctionne, mais l’absence d’amenée d’air neuf empêche en réalité la dilution du CO2. C’est un peu comme si vous essayiez d’aérer une pièce en allumant un ventilateur sans jamais ouvrir la fenêtre. Sur le plan sanitaire, cette fausse impression de sécurité retarde souvent la prise de conscience du problème et prolonge l’exposition des occupants à un air appauvri en oxygène.
Concentration des composés organiques volatils (formaldéhyde, benzène, toluène)
Outre le CO2, l’air intérieur contient une multitude de composés organiques volatils (COV) émis par les meubles, peintures, colles, produits ménagers ou encore les bougies parfumées. Le formaldéhyde, le benzène et le toluène font partie des COV les plus surveillés en France, certains étant classés cancérogènes avérés ou possibles. Sans renouvellement d’air suffisant, ces substances s’accumulent dans les pièces de vie et atteignent des niveaux supérieurs aux valeurs guides de qualité d’air intérieur recommandées par l’Anses.
Une VMC sans entrée d’air agit ici comme une hotte de cuisine sans prise d’air de compensation : elle crée un mouvement, mais ne renouvelle pas vraiment l’air. Les COV se concentrent progressivement, surtout dans les logements récents très étanches. Les symptômes peuvent être discrets (irritations, odeurs persistantes, inconfort respiratoire), mais les risques à long terme sont bien réels, notamment pour les enfants et les personnes fragiles. Seule une amenée d’air neuf correctement dimensionnée permet de diluer ces polluants de manière continue.
Développement des moisissures et prolifération des acariens dermatophagoides
Le déficit de ventilation favorise également l’augmentation du taux d’humidité relative dans le logement. Douches, cuisson, respiration, séchage du linge produisent chaque jour plusieurs litres de vapeur d’eau. Sans VMC fonctionnelle et surtout sans entrées d’air, cette vapeur se condense sur les parois froides : angles de murs, tableaux de fenêtres, ponts thermiques. À partir de 65 à 70 % d’humidité relative, les conditions idéales sont réunies pour le développement des moisissures et la prolifération des acariens du genre Dermatophagoides, principaux responsables des allergies respiratoires domestiques.
Les taches noires dans les angles de salle de bains, les joints de carrelage qui noircissent, les papiers peints qui se décollent sont autant de signaux d’alerte. Pourtant, traiter uniquement la surface avec un fongicide ne suffit pas si la cause principale – l’absence d’amenée d’air – n’est pas corrigée. Une VMC avec entrées d’air correctement positionnées agit comme un « déshumidificateur passif » en permanence : elle évacue l’air humide et le remplace par de l’air plus sec venant de l’extérieur, limitant ainsi le terrain de jeu des moisissures et des acariens.
Risques d’intoxication au monoxyde de carbone par refoulement des appareils à combustion
Le danger le plus grave lié à une VMC sans entrée d’air concerne le monoxyde de carbone (CO). Ce gaz incolore et inodore résulte d’une combustion incomplète (chaudière, poêle, chauffe-eau, cuisinière gaz). Dans un logement mis en forte dépression par une extraction mécanique sans amenée d’air, les conduits de fumée peuvent ne plus assurer leur rôle d’évacuation. Le tirage s’inverse, les fumées reviennent dans la pièce, et avec elles le CO. Quelques centaines de ppm suffisent à provoquer des maux de tête, des nausées, puis une perte de connaissance ; à forte concentration, l’issue peut être fatale en quelques minutes.
Les services de secours rappellent régulièrement que la majorité des intoxications au monoxyde de carbone surviennent dans des locaux insuffisamment ventilés ou surventilés par extraction, en présence d’appareils à combustion mal entretenus. Une VMC conforme, associée à des entrées d’air bien dimensionnées, permet de garantir un apport d’air comburant suffisant et de limiter les phénomènes de refoulement. À l’inverse, une installation « bricolée » où les grilles d’amenée ont été supprimées cumule tous les facteurs de risque : dépression excessive, tirage perturbé, absence de dilution du CO dans l’air ambiant.
Non-conformité vis-à-vis de l’arrêté du 24 mars 1982 et de la norme NF DTU 68.3
Sur le plan juridique, une VMC sans entrée d’air ne se contente pas d’être techniquement discutable : elle est tout simplement non conforme aux textes de référence. L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements impose une ventilation générale et permanente assurée par des entrées d’air dans les pièces principales et des bouches d’extraction dans les pièces de service. La norme NF DTU 68.3 vient préciser les modalités de dimensionnement, d’implantation et de mise en œuvre de ces dispositifs. Supprimer les entrées d’air revient donc à rendre l’installation non conforme, même si le caisson d’extraction fonctionne encore.
Dimensionnement obligatoire des entrées d’air selon les débits nominaux extraits
L’une des pierres angulaires du DTU 68.3 est le dimensionnement des débits d’amenée en fonction des débits d’extraction réglementaires. Pour chaque typologie de logement (du T1 au T7 et plus), des valeurs minimales de débits sont imposées en cuisine, salle de bains, WC, mais aussi en termes de renouvellement global. Les entrées d’air doivent offrir une section utile suffisante pour laisser passer ces volumes d’air sans générer de pertes de charge excessives ni de nuisances acoustiques. En pratique, cela se traduit par un nombre et un type de grilles à installer dans les menuiseries ou les coffres.
Installer une VMC sans entrée d’air revient à ignorer complètement cette exigence de dimensionnement. Même si les bouches d’extraction respectent les sections requises, l’absence d’amenée rend le calcul initial caduc. En cas de contrôle ou d’expertise (par exemple à la suite d’un sinistre ou d’un problème de santé déclaré), cette non-conformité peut être relevée et engager la responsabilité du maître d’ouvrage, de l’installateur ou du propriétaire qui a fait modifier l’installation sans respecter le DTU.
Positionnement réglementaire des grilles dans les menuiseries ou coffres de volets roulants
Au-delà du débit, le positionnement des entrées d’air est également encadré. L’arrêté de 1982 et le DTU 68.3 précisent que l’amenée d’air doit se faire en priorité dans les pièces principales (séjour, chambres, bureau), en partie haute des menuiseries ou des coffres de volets roulants. Cette implantation en hauteur favorise le mélange avec l’air ambiant et limite les courants d’air ressentis par les occupants. Les grilles doivent également être réparties pour assurer un balayage homogène du logement, en cohérence avec le schéma d’extraction.
Remplacer une fenêtre équipée de grilles par une menuiserie PVC ou aluminium totalement étanche sans prévoir de nouvelle entrée d’air est une erreur fréquente en rénovation. Elle place instantanément la VMC en situation de non-conformité, même si le reste de l’installation n’a pas été modifié. Les fabricants proposent pourtant des menuiseries pré-équipées ou pré-usinées pour recevoir des entrées d’air normalisées : ne pas les mettre en œuvre, ou les obturer a posteriori, revient à s’exposer délibérément à un risque de non-respect de la réglementation.
Sanctions en cas de contrôle par la DRIEAT ou lors d’un diagnostic de performance énergétique
Dans certains contextes, notamment en Île-de-France, les services de l’État (tels que la DRIEAT) peuvent contrôler la conformité des systèmes de ventilation dans le cadre de visites d’immeubles, de contrôles d’ERP ou de suites de plaintes. Une VMC sans entrée d’air peut alors être pointée comme non conforme, avec à la clé des injonctions de travaux de mise en conformité, voire des sanctions administratives si la situation présente un risque avéré pour la santé ou la sécurité des occupants. Pour un bailleur social ou un syndic, ces constats peuvent également peser dans l’évaluation du caractère « décent » des logements proposés à la location.
Par ailleurs, lors d’un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) ou d’un audit énergétique, l’absence d’entrées d’air adaptées sera relevée comme une faiblesse du bâti. Elle pourra conduire à une dégradation de la note globale, puisque la ventilation participe à la fois à la maîtrise des déperditions thermiques et à la qualité de l’air intérieur. Dans le cadre des ventes ou des rénovations globales, ce point peut peser sur la valeur du bien et sur l’obtention de certaines aides publiques conditionnées à la conformité des systèmes de ventilation.
Solutions techniques de mise en conformité des systèmes VMC existants
La bonne nouvelle, c’est qu’une VMC sans entrée d’air n’est pas une fatalité. Dans la plupart des cas, il est possible de remettre l’installation en conformité sans tout refaire. La priorité consiste à rétablir des amenées d’air neuf dimensionnées et positionnées conformément au DTU 68.3, en tenant compte des contraintes acoustiques, thermiques et architecturales du bâtiment. Selon la nature des menuiseries, le niveau de rénovation envisagé et le budget disponible, plusieurs solutions techniques peuvent être déployées, de la simple pose de grilles autoréglables à la refonte complète du système autour d’une VMC double flux.
Installation d’entrées d’air autoréglables aldes ou atlantic dans les ouvrants PVC et aluminium
Dans le cas le plus courant – remplacement de fenêtres bois anciennes par des menuiseries PVC ou aluminium étanches – la première solution consiste à équiper ces ouvrants d’entrées d’air autoréglables. Les principaux fabricants, comme Aldes ou Atlantic, proposent des modèles compatibles avec la majorité des gammes de fenêtres du marché. Ces entrées d’air maintiennent un débit constant (par exemple 22, 30 ou 45 m³/h) grâce à un clapet interne qui se régule automatiquement en fonction de la pression.
Techniquement, l’intervention consiste à usiner la traverse haute de la menuiserie ou à utiliser les réservations prévues par le fabricant, puis à clipser ou visser le kit d’entrée d’air. Ce type de solution permet de retrouver rapidement une cohérence entre les débits d’extraction de la VMC et les apports d’air neuf, sans modifier la structure du bâti. C’est souvent l’option la plus pertinente lors d’une rénovation énergétique par étapes, lorsque le caisson de VMC simple flux est conservé mais que les fenêtres ont été changées.
Mise en place d’entrées d’air hygroréglables de classe A ou B selon l’humidité relative
Pour les logements équipés d’une VMC hygroréglable, ou pour ceux où l’on souhaite optimiser la performance énergétique, l’installation d’entrées d’air hygroréglables de classe A ou B est une alternative intéressante. Ces dispositifs ajustent automatiquement leur ouverture en fonction de l’humidité relative intérieure, grâce à un ruban textile hygrosensible. Quand l’air est sec, l’ouverture est réduite pour limiter les déperditions de chaleur ; lorsqu’il devient humide, l’ouverture augmente pour renforcer le renouvellement d’air.
En pratique, cette solution permet de concilier confort thermique, économies d’énergie et qualité de l’air. Elle est particulièrement adaptée aux logements bien isolés, où l’on craint parfois que la ventilation ne « refroidisse » trop les pièces en hiver. Bien dimensionnées et bien réparties, des entrées d’air hygroréglables couplées à une VMC simple flux hygro de type B assurent un équilibre performant entre extraction et amenée, tout en restant conformes aux exigences du DTU 68.3 et de la RE2020.
Percements muraux avec grilles anti-pluie et filtres G3 en rénovation lourde
Dans certains cas, l’implantation d’entrées d’air dans les menuiseries n’est pas possible ou pas souhaitable (façades patrimoniales, menuiseries acier fines, contraintes acoustiques particulières). La solution de repli consiste alors à créer des amenées d’air par percement mural traversant. Un carottage est réalisé dans la maçonnerie, généralement en partie haute du mur, puis équipé d’une manchette isolée, d’une grille extérieure anti-pluie et d’une bouche intérieure esthétique éventuellement munie d’un filtre G3 pour retenir les poussières et insectes.
Cette solution, plus lourde à mettre en œuvre, est souvent retenue dans le cadre de rénovations globales ou de mises aux normes sur des bâtiments existants. Elle offre une grande liberté de positionnement et permet d’optimiser les trajectoires d’air en fonction du schéma de ventilation choisi. En revanche, elle nécessite une attention particulière à l’étanchéité à l’air et à l’eau du percement, ainsi qu’à la performance acoustique des grilles, surtout en façade exposée au bruit routier ou ferroviaire.
Passage vers une VMC double flux thermodynamique avec échangeur à plaques
Enfin, lorsque l’on souhaite aller au-delà de la simple mise en conformité et viser un haut niveau de performance énergétique, le remplacement d’une VMC simple flux par une VMC double flux – voire double flux thermodynamique – constitue une option de choix. Dans ce type de système, l’amenée d’air n’est plus naturelle, mais mécaniquement insufflée après passage dans un échangeur à plaques qui récupère jusqu’à 90 % de la chaleur de l’air extrait. L’air neuf est filtré, tempéré et distribué vers les pièces de vie, tandis que l’air vicié est extrait des pièces de service.
Sur le plan réglementaire, une VMC double flux conforme NF VMC répond pleinement aux exigences d’amenée et d’extraction, sous réserve d’un dimensionnement et d’une mise en œuvre conformes au DTU 68.3 et au NF DTU 68.3 P1-1-4 pour les réseaux. Sur le plan sanitaire, elle offre un niveau de qualité d’air supérieur grâce à la filtration des pollens, poussières et particules fines. Sur le plan énergétique, une version thermodynamique, couplée à une pompe à chaleur intégrée, permet de couvrir une partie des besoins de chauffage ou de rafraîchissement. C’est une solution particulièrement pertinente dans les projets RE2020, où la ventilation n’est plus seulement un impératif d’hygiène, mais un levier central de performance globale du bâtiment.